Au fait, c’est quoi une start-up ?

Faisons simple : une start-up est une jeune entreprise qui démarre. Incarnée par son fondateur ou sa fondatrice, elle se constitue autour d’une intuition, d’une conviction partagée par l’ensemble d’une équipe. Quelles sont dès lors les évolutions possibles pour ces « jeunes pousses » souvent innovantes ? Et quelles relations entretiennent-elles avec les grandes entreprises, qui ont souvent ce besoin d’innover ?

Une start-up : kézako ?

Ce terme anglophone désigne une jeune entreprise qui démarre (« start ») et a pour vocation de s’élever (« up »). Souvent assimilée à une « jeune pousse », la start-up est plus qu’une entité, c’est un projet, un état d’esprit, porté par une personne, son créateur, qui décide de prendre un risque. Selon Eric Ries, auteur de « The Lean Startup », une start-up est « une institution humaine conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude extrême ». Cette notion d’incertitude est importante pour comprendre la start-up. Celle-ci se constitue autour de la volonté d’un homme, ou d’une femme, de prendre un risque en proposant une idée sur un marché donné. Et sa réussite dépend souvent de sa capacité de résistance et d’endurance face à ce risque.

Selon Eric Ries, auteur de « The Lean Startup », une start-up est « une institution humaine conçue pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitude extrême. »

Rassemblée autour de la vision de son créateur, la start-up n’a pas besoin d’une grande équipe pour démarrer et évoluer, pour affronter les hauts et les bas de la démarche entrepreneuriale, mais suppose que les membres croient au projet, le vivent pleinement. Et cette croyance est une condition sine qua non de réussite. Avec seulement 538 dollars, William Hewlett et David Packard fondent, le 1er janvier 1939, dans un garage à quelques kilomètres de San Francisco, en Californie, ce qui est considéré comme la première start-up au monde. Depuis, la petite pousse est devenue un arbre gigantesque aux multiples ramifications, et les fondateurs de la célèbre marque d’ordinateurs HP des multimilliardaires. Loin, très loin, de la start-up initiale. Les deux hommes ont fait confiance à leur intuition et porté leur idée jusqu’au bout. Mais est-ce le seul scénario d’évolution possible d’une start-up ?

Les futurs d’une start-up

Bien sûr, toutes les start-up ne finissent pas en multinationales. Certaines disparaissent même au bout de quelques mois, parfois avant d’avoir réellement existé. En effet, l’échec d’une start-up est un scénario possible, le plus souvent le fruit d’une mésentente entre associés ou d’un manque de capitaux ne laissant pas assez de temps pour que le projet grandisse. Un autre scénario, plus réjouissant cette fois, est le changement d’échelle. La start-up évolue d’elle-même, portée par la dynamique du projet, du marché, etc., pour se transformer en petite ou moyenne entreprise. C’est le cas de Leetchi par exemple. En trois ans, cette entreprise, spécialisée dans la création de cagnottes en ligne, est passée de 6 à 22 employés et vient de franchir la barre des 350 000 clients. Pour sa fondatrice, Céline Lazorthes, interviewée par le média RSLN (Regards sur le numérique) en janvier 2013, cette réussite « ne tient pas tellement à un élément précis, mais plutôt à la foule d’ingrédients qui sont réunis pour faire une bonne recette ». La sauce peut aussi prendre parfois grâce à un petit coup de pouce.

La rencontre avec une grande entreprise

Ce pourrait être le troisième scénario : quand la start-up rencontre la grande entreprise. Différentes relations peuvent alors se nouer entre ces deux entités : financière, de parrainage ou commerciale. Quand les conditions sont réunies, cela permet à la fois à la start-up d’accélérer son développement et aux grandes entreprises de se rapprocher d’une technologie innovante ou d’une équipe ayant une capacité à innover. Gagnant-gagnant.

Une relation financière

Une grande entreprise peut investir directement ou via un fonds d’investissement dans une start-up. Celle-ci peut donc s’appuyer sur la solidité, l’expérience et le réseau du grand groupe. EDF, par exemple, soutient financièrement Electranova Capital, un fonds d’investissement d’une capacité de 60 millions d’euros, en collaboration avec Idinvest Partners. L’idée est de venir en aide aux start-up spécialisées dans l’énergie innovante. Pour les encourager, le groupe EDF a également créé en 2012 le concours Énergie Intelligente, récompensant 5 start-up et PME ultra-innovantes. Les prix EDF Pulse, eux, initiés en 2013, ne sont pas un investissement mais une récompense, une dotation.

Une relation de parrainage

Le parrainage est un autre moyen pour les grandes entreprises d’aider les plus jeunes à poursuivre leur route. Fin novembre 2013, Airbus, Astrium, Covéa, ERDF, SFR et Sigfox ont ainsi épaulé la Tic Valley pour l’organisation d’un hackathon autour du Big Data : durant 48 heures, les participants à cet événement ont développé ensemble des applications et services innovants. Un bon moyen de créer des synergies et de définir des besoins communs. Ce sont souvent des moments privilégiés pour que les jeunes pousses échangent avec les « vieilles branches », afin de bénéficier de conseils ou de mises en relation.

Une relation commerciale

La relation entre une start-up et un grand groupe peut également être de nature commerciale. Un grand groupe peut alors faire confiance à une jeune entreprise dans le cadre d’une collaboration, d’une prestation. La grande entreprise bénéficiant alors de la nouvelle proposition de valeur de la jeune équipe.

Quelles que soient les relations entre ces deux entités, une start-up est avant toute chose guidée par la volonté, la flamme de son créateur. C’est donc bien souvent son intuition et sa clairvoyance qui décident de son avenir. Et c’est très bien ainsi.